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Spinning Studies

six studies for piano

2026

Commissioned by the students of Hortense Cartier-Bresson

Yves Balmer

ca. 14 minutes

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Piano solo

Commissioned by the students of Hortense Cartier-Bresson, Spinning Studies is a cycle of six short studies taking the spinning top as their model: its momentum, its fragile stability, its inevitable exhaustion. Each study is anchored to a tutelary figure of the piano repertoire: Bach, Schubert, Chopin, Schumann, Liszt, Rachmaninov. From these composers I took a multitude of quotations, fragments sometimes tiny, sometimes prominent, which I pieced back together, cut across, distorted and drew into whirling movements, endlessly relaunched spirals, in the image of the spinning of the top itself. The whole piano is called upon, from one end of the keyboard to the other, in a frenzied gyrating race in which the shadows of familiar works surface, barely graspable.

The writing, very lively and pearly, calls for a particular virtuosity: agility, delicacy, fragility despite the great speed, and that slight rubato which, in the pianist’s gesture, follows the unruly oscillation of a top launched at full speed. From this race emerges a hallucinatory atmosphere, in which the quoted fragments surface and vanish just as quickly.

Given the difficulty of the score, I chose to leave the performer some room for choice: it is up to them to complete the parameters that contribute to the perception of the spinning movement. Pedalling and dynamics, left ad libitum, are thus a space open to the performer’s inventiveness: resonances entirely blurred by long pedals or completely dry playing, gradual dynamic levels, short or long, voices brought to the fore in turn: so many ways of drawing the trajectory of a top, its surges and accelerations, its moments of balance, its slowing down before the fall.

The spinning top is an image of time. Unpredictable, fleeting, endlessly inventive in its wobbles and slowdowns, it is above all a metaphor of passage: from one composer to another, from a bygone era to our own, but also from a teacher to their students. Beneath its playful exterior, this cycle is thus a reflection on transmission, on those ancient voices that continue to vibrate, distorted by the very movement that carries them away. And more still: on the legacy a teacher entrusts to their students, which, in their hands, will continue in new and unexpected directions.

Yves Balmer

• Premiere on 25 June 2026, Conservatoire de Paris (CNSMDP), salle Maurice Fleuret, by Martin Jaspard, Daniel Streicher, Arthur Coatalen, Miki Yamagata, Elliot Levêque and Zen Matsuzaki.Commande des élèves d’Hortense Cartier-Bresson, Spinning Studies est un cycle de six études brèves prenant la toupie pour modèle : son élan, sa fragile stabilité, son inéluctable épuisement. Chaque étude s’arrime à une figure tutélaire du répertoire pianistique : Bach, Schubert, Chopin, Schumann, Liszt, Rachmaninov. De ces compositeurs, j’ai prélevé une multitude de citations – fragments parfois infimes, parfois saillants – que j’ai recollées, recoupées, déformées, entraînées dans des mouvements tournants, des volutes sans cesse relancées, à l’image du tournoiement même de la toupie. Le piano y est sollicité tout entier, d’un extrême à l’autre du clavier, dans une course giratoire effrénée où affleurent, à peine saisissables, les ombres d’œuvres familières.

L’écriture, très vive, perlée, appelle une virtuosité particulière : l’agilité, la délicatesse, une fragilité malgré la grande vitesse, et ce léger rubato qui, dans le geste du pianiste, épouse l’oscillation indocile d’une toupie lancée à pleine course. De cette course naît un climat halluciné, où les fragments cités affleurent et s’effacent aussi vite.

Devant la difficulté de la partition, j'ai choisi de laisser à l'interprète des marges de choix : il lui revient de compléter les paramètres qui participent à la perception du mouvement tournant. La pédale et les nuances, laissées ad libitum, sont ainsi un espace ouvert à l'inventivité de l'interprète : résonances intégralement brouillées par de longues pédales ou jeu entièrement sec, paliers de nuances progressifs, courts ou longs, voix tour à tour mises en avant : autant de moyens de dessiner la trajectoire d'une toupie, ses élans et accélérations, ses paliers d'équilibre, ses ralentis avant la chute.

La toupie est une image du temps. Imprévisible, fugace, d’une inventivité sans cesse renouvelée dans ses vacillements et ses ralentis, elle est surtout une métaphore du passage : d’un compositeur à l’autre, d’une époque révolue à la nôtre, mais également d’un maître à ses élèves. Sous ses dehors ludiques, ce cycle se veut ainsi une réflexion sur la transmission, ces voix anciennes qui continuent de vibrer, déformées par le mouvement même qui les emporte. Et plus encore : sur le legs qu’un maître confie à ses élèves, et qui, entre leurs mains, se poursuivra dans des directions nouvelles et inattendues.

Yves Balmer

• Création le 25 juin 2026, Conservatoire de Paris (CNSMDP), salle Maurice Fleuret, par Martin Jaspard, Daniel Streicher, Arthur Coatalen, Miki Yamagata, Elliot Levêque et Zen Matsuzaki.

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